Ajoutons un refrain et un ou plusieurs couplets qui reflètent les valeurs et les combats que souhaitent la majorité des Français aujourd’hui : non seulement Liberté, mais aussi Égalité, Fraternité...  non pas dans la violence, mais dans le dialogue démocratique !

La Marseillaise, symbole universel de Liberté, est sans doute l’hymne national le plus célèbre au monde, mais c’est aussi, selon Serge Gainsbourg, « la chanson la plus sanglante de toute l'histoire ». La plupart des Français sont profondément attachés à son symbole et à sa musique, mais la majorité des personnalités de la société civile critique ses paroles, notamment le « sang impur » qui - contrairement à une infox largement répandue - est toujours le sang de l’ennemi, ce qui est, selon Michel Serres, « d’un racisme tel qu'on devrait avoir honte de l'enseigner aux enfants».

Constatons-le : aujourd’hui, comme depuis plus de deux siècles, ce chant de guerre nous divise régulièrement au lieu de nous rassembler tous. Un siècle après que les poilus ont refusé de le chanter en 1917-1918, la Marseillaise ne remplit toujours pas sa fonction d’hymne national, qui est, non seulement de faire mémoire, mais d'unir un peuple en exprimant des valeurs qui font consensus !

Humour révolutionnaire :

Revenu de la grande Révolution, le citoyen Rouget de Marseille, appelle à ajouter des paroles...


 

Comment redonner une unité à notre pays, entre ceux pour qui cet hymne est un monument de notre patrimoine, et ceux qui refusent d’avoir comme emblème un monument violent, et raciste à leurs yeux ?

 

Si, en temps de guerre, la violence se justifie pour se défendre, celle-ci ne saurait trouver sa place dans notre pays en temps de paix. Se souvenant des massacres perpétrés au son de son hymne, Rouget de Lisle disait Je n’ai pas composé la Marseillaise pour soulever les pavés de Paris mais bien pour renverser les cohortes étrangères. Nos sillons ne doivent pas boire le sang français; ils sont destinés à recevoir des épis nourriciers qui grandiront pour vivre en frères.”

 

Deux siècles plus tard, à l’heure où ce chant accompagne des gradations inadmissibles jusqu’à notre Arc de Triomphe, n’est-il pas temps de respecter la volonté de son auteur, d’utiliser son hymne pour le temps de la guerre ou ses commémorations, et de chanter d’autres paroles pour le temps de la paix, signe que la violence doit y laisser place à un réel dialogue démocratique ? Aux sept couplets guerriers écrits en 1792, huit couplets pacifiques avaient été ajoutés, se terminant par « Soyons unis ! Tout est possible… Alors les Français cesseront de chanter ce refrain terrible ! ». Tous furent supprimés par le Ministère de la Guerre en 1887, dans une France alors tournée vers ses conquêtes coloniales ou sa revanche contre l’Allemagne.

 

Plusieurs centaines d’autres couplets et refrains existants aujourd’hui, nous appelons tous les Français, et notamment les jeunes, à réfléchir aux valeurs qui comptent à leurs yeux aujourd'hui, et à proposer d’autres paroles. Reprenant la conclusion du colloque consacré à l’hymne à l’Assemblée en 2005, nous proposons qu’un concours soit organisé pour ajouter à la Marseillaise un refrain et un ou plusieurs couplets qui reflètent les valeurs et les combats que souhaitent la majorité des Français aujourd’hui : non seulement Liberté, mais aussi Égalité, Fraternité...  non pas dans la violence, mais dans le dialogue démocratique.

 

Ces paroles pourront être chantées à l’École ou dans les commémorations à la suite des paroles actuelles. Si un jour la majorité des Français le souhaite, elles pourront être chantées dans les stades.

 

                Collectif «  Ajoutons des paroles à la Marseillaise ! »

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 De très nombreuses personnalités ont critiqué les paroles de la Marseillaise ou leur enseignement à l'école, ou refusent de les chanter, ou souhaitent les modifier ou en ajouter de nouvelles : Abbé PIERRE, Graeme ALLWRIGHT, Nicolas ANELKA, ARKANA, Clémentine AUTAIN, AXIOM, Charles AZNAVOUR, Eve BARRE, Julien BAYOU, Karim BENZEMA, Pierre BERGE, Charles BERLING, André BETTENCOURT, Abdennour BIDAR, Marie-Christine BLANDIN, Général de BOLLARDIERE, BOOBA, Alima BOUMEDIENNE-THIERRY, Christine BOUTIN, Dounia BOUZAR, José BOVE, Georges BRASSENS, Jacques de BOURBON-BUSSET, Général Georges BUIS, Eric CANTONA, Père CEYRAC, François-René de CHATEAUBRIAND, Général Jean-Loup CHRETIEN, Bernard CLAVEL,François de CLOSETS,François CLUZET, Jacqueline COSTA-LASCOUX, Régis DEBRAY, Christian DELORME, Jean DESESSARD, Harlem DESIR, Pierre DESPROGES, Natalie DESSAY, DISIZ,MAURICE DONNAY, Yves DUTEIL, Soeur EMMANUELLE, Claude ESTIER, Roger FAUROUX, Solange FERNEX, Eli FLORY, Geneviève de FONTENAY, Caroline FOUREST, Pr. René FRYDMAN, Michèle GENDREAU-MASSALOUX, Guy GILBERT, Françoise GIROUD, Valéry GISCARD D'ESTAING, Martin GRAY, Benoite GROULT, Philippe GUILHAUME, Paul GUTH, Marek HALTER, Gérard HOLTZ, Robert HOSSEIN, Victor HUGO, François-Régis HUTIN, IAM, Dominique JAMET, Jean JAURES, Geneviève JURGENSEN, Christian KAREMBEU, Jean-Claude KAUFMANN, KENNEDY, Alain KRIVINE, Arlette LAGUILLIER, Alphonse de LAMARTINE, Dominique LAPIERRE, Bernard LAVILLIERS, Claude LEMESLE, Bernard-Henry LEVY, Jeannie LONGO, Mgr LUSTIGER, Pasteur Jacques MAURY, Macha MERIL, Bertrand MEYER, Yves MICHAUD, Danielle MITTERRAND, Bernard MOITESSIER, Théodore MONOD, Laurent NAOURI, NICOLETTA, Yannick NOAH, Danièle OBONO, Pr Claude OLIVENSTEIN, Jacques PELISSARD, Jean PERROCHAUD, Jean-Marie PETITCLERC, Michel PLATINI, Edwy PLENEL, Patrick POIVRE D'ARVOR, Louis de POTTER, Philippe POUTOU, Hubert REEVES, Alain REFALO, RENAUD, Jean ROUAUD, Simone ROZES, Mgr ROZIER, Jacques SALZER, Dominique SCHNAPPER, Edmond SCHWOB, Jacques SEGUELA, Michel SERRES, SEYFU, SNIPER, Bernard STASI, Eric TABARLY, Bernard TAPIE, Christiane TAUBIRA, Haroun TAZIEFF, Jean-Claude TCHIKAYA, TIERS MONDE, Henri TISOT, Gilbert TRIGANO, Paul-Emile VICTOR, Dominique VOYNET, Antoine WAECHTER, Lambert WILSON, YOUSSOUPHA, ZINO…

 

ainsi que Alternatives non-violentes, Une Autre Marseillaise pour la France, ATTAC, la Bordelaise, Collectif Breton pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, le Collectif Devoirs de mémoires, la FCPE, la Fédération Régions & Peuples Solidaires, Génération Médiateurs, le Journal des enfants, la Ligue de l'Enseignement 94, la Marseillaise de Graeme Allwright, Une Marseillaise pour les enfants, le Journal le Monde des ados, La nouvelle Marseillaise, les syndicats d’enseignants du Pays Basque (SE-UNSA, SNUIPP-FSU, LAB Éducation, Sud Éducation...), L’Union Démocratique Bretonne, les Éditions Thierry Magnier...