Un hymne de guerre dans un stade de paix ?

L'avis de personnalités du  monde du sport

 

La Marseillaise chantée dans les stades est aujourd'hui une habitude. Il s’agit pourtant d’une coutume relativement récente, qui pose question, aujourd'hui comme il y a plus d’un siècle.

 

Michel PLATINI, footballeur, ballon d’or 1983-84-85

 « Personne ne chantait la Marseillaise, chez nous. C'était au rugby qu'on a commencé à la chanter... Je ne chantais pas la Marseillaise car je trouvais que c'était un hymne de guerre, alors que j'ai toujours pensé que j'allais jouer au football. Entre la guerre et le jeu, il y a une grosse différence, donc j'adorais la Marseillaise, c'est la plus belle des musiques, respectée et admirée dans le monde entier, mais les paroles sont un peu violentes, pour un footballeur qui vient jouer au football. C'est ma façon de voir le jeu ; c'est pas la guerre, le football ! »

 

 

Michel SERRES, philosophe

« ces joueurs vont jouer une rencontre où on maîtrise la violence… Dans cette bataille, parfois chaude, règnent des règles de paix, sans que jamais le sang coule. … Ces jeunes gens s’adonnent donc à la construction, quasi utopique, d’un immense modèle de société idéale, où les oppositions, même très violentes, ne versent jamais le sang. Et vous voulez apprendre à des jeunes gens, dès l’école maternelle, primaire ou secondaire, à verser un sang impur qui abreuve nos sillons… De quelle époque dinosaure parlez-vous ? A quel avenir sinistre désirez-vous les préparer ?... »

Petite chronique du dimanche soir (extrait, lire la chronique complète ci-dessous)

 

 

Bernard RICHARD, historien, auteur du livre «  les emblèmes de la République » :

"La Marseillaise aurait été associée pour la première fois à un événement sportif en 1956 lors d'un match de Coupe d'Europe. C'est récent. Il y a une tendance du sport à confisquer les emblèmes de la République. Ils nous ont déjà pris le coq gaulois qui était un coq patriote, il est devenu un coq sportif... »

« c’est comme quand on rentre dans une église, on ne crache pas par terre, même si on n’est pas croyant. De même le respect est dû à la Marseillaise, mais si on n’en ressent pas la nécessité, on ne la chante pas, et on ne doit pas être stigmatisé si on ne chante pas la Marseillaise. »

 


MAURICE DONNAY, de l'Académie française, Officier de la Légion d'honneur  :

"La Marseillaise, peut-être en avait-on abusé pendant la paix ? On la jouait et on la clamait à tout bout de champ et à tout bout de rue, dans trop de circonstances municipales ou agricoles. L'hymne national, cela doit être comme le drapeau que le colonel ne montre aux soldats, en temps de paix, qu'en des occasions tout à fait solennelles : il ne le ferait pas sortir pour une revue de linge et de chaussures. De même, on ne devrait pas jouer la Marseillaise dans un concours de pompes ou de natation. En temps de guerre, c'est autre chose : le drapeau est toujours visible au milieu du régiment, et le chant patriotique est toujours présent au milieu de la foule..." (Le Figaro,1915)

 

 
Alphonse de LAMARTINE, poète, député et ministre :

« Tous les peuples entendent à de certains moments jaillir ainsi leur âme nationale dans des accents que personne n’a écrits et que tout le monde chante... L’hymne qui s’élance à ce moment de toutes les bouches ne périt plus. On ne le profane pas dans les occasions vulgaires. Semblable à ces drapeaux sacrés suspendus aux voûtes des temples et qu’on n’en sort qu’à certains jours, on garde le chant national comme une arme extrême pour les grandes nécessités de la patrie. Le nôtre reçut des circonstances où il jaillit un caractère particulier qui le rend à la fois plus solennel et plus sinistre : la gloire et le crime, la victoire et la mort semblent entrelacés dans ses refrains. Il fut le chant du patriotisme, mais il fut aussi l’imprécation de la fureur. Il conduisit nos soldats à la frontière, mais il accompagna nos victimes à l’échafaud. Le même fer défend le cœur du pays dans la main du soldat et égorge les victimes dans la main du bourreau. […] La Marseillaise conserve un retentissement de chant de gloire et de cri de mort ; glorieuse comme l’un, funèbre comme l’autre, elle rassure la patrie et fait pâlir les citoyens. » (Histoire des Girondins, Paris, Furne et Cie, W. Coquebert, 1847)

 

 

D'autres avis de personnalités sur la Marseillaise dans les stades

Nicolas ANELKA déclare qu'en équipe de France, il n'a jamais voulu chanter La Marseillaise : "Ça ne m'est jamais venu à l'idée. Et si on m'avait demandé de le faire, j'aurais refusé, j'aurais quitté l'équipe " (les Inrocks, dec 2010)

 

 

Stephane BEAUD, sociologue

 « Platini a dit, je n'ai jamais chanté la Marseillaise, ça n'a jamais posé de problème, et même quand on jouait dans les années 70-80, souvent la Marseillaise était sifflée dans les stades par nos propres supporters, pour des raisons qu'on ignore, on pourrait dire, et ça n'a jamais posé aucun problème.

Ce qui est important, c'est comment, quand est-ce qu'on a commencé à poser comme problème le fait que des joueurs ne chantent pas l'hymne, ne chantent pas assez ? Pourquoi ? On voit bien un effet de période quand on a commencé à suspecter cette équipe de France de ne pas assez bien représenter la nation. Ça s'est fait d'abord en 96, quand JM Le Pen a commencé à remarquer que dans cette équipe de France, il y avait beaucoup de joueurs de couleur noire. Après ça a continué d'autant plus dans les années 2000 et à ce moment-là il faudrait refaire l'histoire ..., quand les caméras TV ont consacré à ce moment, qui est un moment sans importance, le moment de l'hymne, des commentaires, une attention particulière ; on en a fait une sorte de brevet de citoyenneté, de brevet de francitude : vous serez un vrai français si vous chantez la Marseillaise. Et bien sûr à travers ça, comme toujours, il y a cette suspicion qui pèse sur ceux qui sont à priori moins français que les autres, donc on demande encore plus à ceux qui sont enfants d'immigrés, noirs de peau ou d'origine algérienne ou marocaine, de plus la chanter que les autres »

 

 

Karim BENZEMA, footballeur, triple vainqueur de la Ligue des Champions

 « Si vous écoutez bien, la Marseillaise appelle à faire la guerre. Et ça, ça ne me plaît pas » (Vanity Fair, 17/4/2018)
«On ne va pas me forcer à chanter La Marseillaise. Zidane, par exemple, ne la chantait pas forcément. Et il y en a d'autres» (19/3/2013)

« Chanter la Marseillaise, faut la chanter si tu as envie de chanter, c’est tout. La première fois que j'ai été en équipe de France, on m’aurait dit que chanter la Marseillaise, c’est obligatoire, je l’aurais chanté. Mais du moment que tu me dis que c’est pas obligatoire et que tu fais comme tu veux, après tu vas pas venir vers moi et me dire, chante ! Non !" (zap TV, nov 2017)

 

 

Pierre-Ambroise BOSSE a détourné le refrain de la Marseillaise sur le podium des Championnats du Monde du 800 m : "Champion, champion, champion du monde, je suis champion du monde" (10/8/2017)

A ce sujet, le youtuber Mohamed Yenni s'interroge " 2 poids 2 mesures dans cette histoire , l’athlète Français Ambroise Bosse a fait un remix de la marseillaise , les journalistes ont qualifié ce geste de mignon , et si ça aurait été Benzema quelle aurait été la sanction médiatique ?"

 


Eric CANTONA, footballeur et comédien

« Moi, je n’ai jamais chanté « la Marseillaise». Et alors? Je me fous des joueurs qui chantent ou qui ne chantent pas «la Marseillaise». Cela n’a aucune importance. Il faut arrêter avec tout ça! » « Chanter la Marseillaise... ce n'est pas être français, c'est être con ! Imposer ça aux gens, c'est une grosse connerie, et ceux qui acceptent ça sont des cons ! Moi je ne l'accepterai jamais... » « « Être français est-ce que c'est devoir parler français, chanter la  Marseillaise, lire la lettre de Guy Môquet ? Ça c'est être con !" "Je ne dis pas que chanter la Marseillaise, c'est être con, mais bâtir tout ça [l'identité] sur ça » (AFP, 08/12/2009 )

 

 

Laura FLESSEL, ministre des sports, 8 médailles d'or aux JO et championnats du Monde

« Pour Laura Flessel, le chant de l’hymne national relève de «  la culture du sport, on est patriote, on est citoyen, on est républicain (…) L’objectif c’est que cette année la Marseillaise soit entendue (…) L’idée c’est de créer cet engouement autour de notre fierté et de notre hymne» ajoute-t-elle. La Marseillaise un chant controversé pour ses paroles belliqueuses ? « Il faut arrêter, il faut innover. On est fier d’être Français, on le dit et on le chante » rétorque Laura Flessel. » (public Senat 9/11/2017)

 

 
Gérard HOLTZ, journaliste, veut changer les paroles de la Marseillaise :
« Un sang impur c’est raciste et ça ne correspond plus à rien ». (oct 2008)

 

 

Noël LE GRAET, président de la FFF

 « D'après les informations de RMC, Noël Le Graët a déjà préparé une réponse pour Laura Flessel. Et pas question d'instaurer la Marseillaise en Ligue 1, selon le président de la Fédération française de football. Il devrait en effet rappeler que le football français propose déjà l'hymne national lors des rencontres de l'équipe de France, féminine ou masculine, ainsi qu'à l'occasion des finales des Coupe de France et de la Ligue.

La modification du protocole, conjointement avec la LFP, serait selon lui trop compliquée à mettre en place. Et il préférerait garder la Marseillaise pour les rencontres "particulières". » (les dernières nouvelles d'Alsace, 8/11/2017)

 

 
Jeannie LONGO, cycliste, 14 médailles d'or aux JO et championnats du Monde :

" En fait, je connais très mal les paroles de la Marseillaise (comme beaucoup!). Elles me semblent toutefois trop violentes et guerrières. Je souhaiterais qu'elles reflètent davantage le sens de l'honneur, la fierté dans la grandeur de l'action pour la patrie. C'est ce que je ressens sur le podium. " (réponse à l'Abbé Pierre)

 

 

Bernard MOITESSIER, navigateur mythique (record d'un tour du monde et demi en solitaire en 300 jours depuis 1968) et écrivain :
"C'était un vieux compte que je voulais régler avec "la Marseillaise". Dans une lettre adressée au chef de l'Etat, j'ai donné mon opinion sur ce chant guerrier qui porte aux nues l'orgueil et la haine : "Le jour de gloire est arrivé ! L'étendard sanglant est levé ! Qu'un sang impur abreuve nos sillons !" Deux siècles après la grande Révolution, c'est une nouvelle ère qu'il faut inventer, celle de la main généreuse tendue vers son prochain.
Pour faire face aux défis du futur, notre monde inquiet a besoin de valeurs "morales" , pas de canons ni de gros drapeaux. Et qu'on n'ait pas encore changé les paroles de cette "Marseillaise", dégoulinante de sang, me fait honte pour une France qui se prétend le phare des autres peuples." ("Tamata et l'alliance" Arthaud, 1993, p 344)

 


Yannick NOAH tennisman et chanteur, a enregistré sa version personnelle « Oh, rêves » :
« Pour les enfants de la patrie Le jour d'y croire est arrivé
Entre nous, la tyrannie Les bobards, c'est bien terminé
Oui les bagarres, c'est bien terminé
Efforçons-nous dans nos campagnes D'ouvrir nos esprits à donner
De la paix, de la tolérance Retrouver les vertus de la France
Oh rêve, citoyen Formons enfin l'union
Vivons, vivons La liberté et la fraternité »
(version censurée dans la plupart des médias)

 

 

Michel PLATINI (autre interview)
« Il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, La Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd’hui, c’est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport. Je ne vois pas dans les sifflets qu’on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d’un soir, en l’occurrence l’équipe de France, que l’on veut battre. Dans d’autres occasions, je suis certain que les mêmes jeunes qui ont sifflé La Marseillaise, mardi soir, chantent l’hymne national quand l’équipe de France dispute un match de l’Euro ou de la Coupe du monde. […]  Il faudrait plutôt éduquer les supporters car dans certains pays, les hymnes ne sont jamais sifflés. A l’Euro, on avait fait de la pédagogie avant les matches et les hymnes n’ont pas été sifflés. […] » (Le Monde 18 oct 2008)

 

 

Anthony REVEILLERE, footballeur

«Ces écarts de conduite sont dommageables car la plupart des jeunes sont doués et respectueux. La grève de Knysna était un mouvement collectif. Mais, à l'Euro, chacun aurait dû prendre sur soi et garder ses états d'âme. Ça m'a dérangé. Tu es sur le banc, tu meurs d'envie de jouer et ceux qui sont sur le terrain sortent du cadre; l'un s'en prend aux médias, l'autre refuse de serrer la main, etc. Moi, en club, quand j'évitais la main de l'entraîneur, je le faisais dans le vestiaire, et il savait pourquoi. En Bleu, tu représentes ton pays. Certains ne l'ont pas compris. Je suis convaincu d'une chose: si tout le monde chantait la Marseillaise, on arrêterait de déblatérer et de créer des polémiques inutiles, comme par exemple avec les binationaux.»

«Cela ne résoudra pas tout et ne révolutionnera pas le système, mais il est inutile de donner du pain à manger aux médias et à l'opinion publique, laquelle juge déjà sévèrement les joueurs. La Marseillaise, on devrait tous s'en imprégner et s'habituer à l'entonner dès les sélections de jeunes. Jouer pour son pays n'est pas anodin. La chanter m'a toujours procuré quelque chose. Je m'identifiais à mon pays. On a eu beau nous abreuver de chartes de bonne conduite en équipe de France, il y a toujours eu deux poids, deux mesures, avec des règles ne s'appliquant pas à tout le monde. Dès lors, il ne faut pas s'étonner de se retrouver dans des situations inconfortables. Il serait sain d'avoir davantage de cadres à respecter, comme une maîtresse d'école en fixe à ses élèves. Les joueurs ont besoin de revenir à certaines bases. Je suis dérangé lorsqu'on évoque la sélection, qu'on ne mette en avant que les mauvais comportements. Porter le maillot bleu doit demeurer une  fierté, transcender et induire de mettre ses états d'âme de côté.»

 

 

Eric TABARLY, navigateur, triple vainqueur d’une Transat, et officier de Marine

a adhéré à l’appel de l’abbé Pierre pour modifier les paroles de la Marseillaise

 

 

Patrick VIEIRA, footballeur, champion du Monde et d'Europe
«
Je ne l'ai pas chantée, c'était comme cela. Ça ne signifie pas que mon cœur ne battait pas. Lilian Thuram le faisait, ça ne veut pas dire qu'il aime la France plus que moi.» ( Le Monde)

 

 

Zinédine ZIDANE, footballeur, champion du Monde et d'Europe

Selon K Benzema, il « ne la chantait pas forcément », ce que confirment les hymnes des finales de 1998 et 2006, où il reste muet. Une vidéo affirme qu’il chantait la Marseillaise, mais il ne bouge ses lèvres qu'au premier vers.

 

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Michel SERRES (chronique complète)
«- La Marseillaise est bien notre hymne national ; je respecte donc, un peu, mais modérément, l’histoire qu’elle symbolise. Car je doute vraiment qu’il faille enseigner aux jeunes gens de telles sanglantes paroles, de tels appels au meurtre, une telle haine. J’ai vu, dans ma jeunesse, assez de morts et de cadavres dans les fossés pour ne pas avoir envie de vomir à ressasser les mots, réellement racistes, du « sang impur ». Je ne connais pas d’hommes dans les veines duquel circule un sang impur ; ils sont tous mes frères, et s’ils portaient en eux cette impureté, je la porterais, moi aussi. Ainsi me dégoûte l’idée d’enseigner à mes petits-enfants de chanter « ces féroces soldats qui viennent jusque dans nos bras Égorger nos fils, nos compagnes ». Que je sache, ces féroces soldats, nés de l’autre coté des anciennes frontières, sont au moins des Européens comme moi, et au plus, des humains, comme nous. Tant que je vivrai, je dirai à mes successeurs, à mes étudiants, à mes enfants, que ces anciens ennemis-là, ce sont nos frères réels, je leur apprendrai à chanter la filiation humaine. De plus j’aime demander à ces frères-là de venir jusque dans mes bras déjeuner avec ma compagne, et pourquoi pas ? De faire la cour à mes petites-filles, à mes petites-nièces. Qui peut, sauf crime contre l’humanité, s’enflammer aujourd’hui pour de tels hurlements de hargne et de larmes ? Nous vivons désormais la fraternité humaine, la filiation humaine ; si la France doit encore annoncer un message universel, le voilà.
Comme enseignant, je connais les jeunes gens de moins de 25 ans ; ces jeunes-là ne comprennent heureusement plus ce que signifie « qu’un sang impur abreuve nos sillons ! ». Dans un pays qui ne compte plus que 2,3 % d’agriculteurs, connaissent-ils encore les sillons ? J’admire, certes la musique de la Marseillaise, d’un style mi-17°-mi-19° siècle, mais je reste désormais muet à ses paroles. Enfant de la guerre, je le répète, je peux plus les chanter. Trop de sang, trop de férocité.
- Mais que dites-vous aux autres, à ceux qui pensent qu’il ne faut pas oublier, qu’il faut garder ce chant car il est la mémoire de tous les sacrifices ?
- L’équipe de France de football a donc mis la main sur le cœur, croyant que notre président désirait qu’elle le fasse, pendant la Marseillaise. Qui sont ces joueurs, quel est ce jeu ? Ils vont jouer une rencontre où on maîtrise la violence… Dans cette bataille, parfois chaude, règlent des règles de paix. Une telle rencontre oppose les villes ou les nations entre elles, sans que jamais le sang coule. … Ces jeunes gens s’adonnent donc à la construction, quasi utopique, d’un immense modèle de société idéale, où les oppositions, même très violentes, ne versent jamais le sang. Et vous voulez leur faire apprendre un hymne où coule abondamment le sang ? Et vous désirez apprendre à des jeunes gens, dès l’école maternelle, dés l’école primaire ou secondaire, à verser un sang impur qui abreuve nos sillons, des jeunes gens que des féroces soldats viendraient égorger… De quelle époque dinosaure parlez-vous ? A quel avenir sinistre désirez-vous les préparer ?
- c’est une chanson symbole, ce n’est plus une chanson à prendre à la lettre.
- les paroles ont un sens ou elles n’ont pas de sens. Elles inciteraient donc à la violence ou à l’insensé ; belle éducation, en vérité ! Si ces paroles ont un sens, il a quitté la modernité depuis belle lurette ; les contemporains ne s’y retrouvent plus. Et tant mieux ! … Les vieux ennemis de mes ancêtres sont mes frères de sang. Cette histoire est close… Nous ne voulons pas qu’elle revienne... » (Petites chroniques du dimanche soir, 9 oct 2005, ed le Pommier, vol 1)

 

 

Extraits du débat "Doit-on obliger les sportifs français à chanter la Marseillaise ?" (RTL le 4 juillet 2012) :

 

Christine (professeur d’EPS à Troyes, dirigeante de club et psychologue du sport) : « ces paroles me gênent et je ne les chanterai jamais, je n’obligerai jamais mes jeunes à chanter ce genre de paroles. Pour moi c’est complètement contraire aux valeurs du sport, donc c’est complètement paradoxal cette attitude : d’un coté on essaye de combattre la violence sur les stades, d’inculquer aux jeunes le respect de l’adversaire, la notion d’égalité des uns et des autres, et en même temps on nous dit qu’il y en a d’autres qui ont un sang impur, que ce sont des féroces guerriers, qu’il faut se battre...

C’est trop paradoxal, moi je comprends parfaitement que ça choque les sportifs, qui refusent de prononcer ce genre de paroles. Si on fait une étude du texte, simplement, c’est complètement opposé aux valeurs du sport, et c’est complètement obsolète, à notre époque. L’attitude du sport, c’est pas ça ; le sport, c’est pas la guerre ! Les sportifs ne s’y reconnaissent pas. »

 

 

Jacques, enseignant : « Ça fait 50 ans que je regarde les émissions sportives. Ce n’est pas une tradition de chanter l’hymne national. C’est une tradition de l’écouter respectueusement en regardant le drapeau. Kopa et Platini ne chantaient pas la Marseillaise, car ce n’était pas la tradition. On écoutait respectueusement l’hymne. Que font les sportifs sur les podiums des jeux olympiques ? Ils regardent le drapeau en écoutant leur hymne national, ce qui émeut tout le monde aux larmes. »