Citations historiques du "sang impur"

 

 A l'appui de la thèse du sacrifice des soldats français, on ne peut citer que le rapprochement de deux phrases chez Victor Hugo, dans la bouche de Gavroche : "En avant les hommes ! Qu’un sang impur inonde les sillons ! Je donne mes jours pour la patrie, je ne reverrai plus ma concubine, n-i-ni, fini, oui, Nini ! mais c’est égal, vive la joie ! Battons-nous, crebleu ! j’en ai assez du despotisme." (Les Misérables, Cinquième partie, Livre I - Victor Hugo 1862.)

A noter qu’avec un tel raisonnement  "Qu’un sang impur inonde les sillons !" pourrait tout aussi bien signifier : "En avant les hommes !" ? ou «  je ne reverrai plus ma concubine ».

 

 

A l'appui du « sang impur » ennemi, on dispose de plus de 50 citations, dont près de 30 datant de la période Révolutionnaire, avec même une citation de Rouget de Lisle :

 

« Leurs légions, victimes de la mort, d'un sang impur ont arrosé les herbes »
Nicolas Boileau, 1636-1711

 

 

« Vois, ô Race parjure...

Va, pour s'entredétruire, armer tes bataillons,

Et de ton sang impur abreuver tes sillons… »

Adresse à la nation Anglaise, Claude-Rigobert Lefebvre de Beauvray, avocat Parisien, écrit en 1757 pendant la Guerre de sept ans contre les Anglais

(poème qui, selon David A. Bell, historien à Yale, a inspiré Rouget de Lisle)

 

 

« Le sang qui coule était-il donc si pur ? » Barnave, le 22 juillet 1789, après que la foule eut tué et promené dans Paris les têtes tranchées de Launay (gouverneur de la Bastille qui avait ouvert les portes à la foule) et Flesseles, prévôt des marchands, le 14 juillet, puis de l'intendant de Paris Bertier de Sauvigny et de Foulon, accusés d'affamer le peuple, le 22 juillet.

 

 

« N’immolera-t-on pas à leurs mânes impatientes ces Calonne , ces Breteuil , ces Briennes, [aristocrates et ministres de Louis XVI], etc… dont le sang impur n’expiera jamais les larmes qu’ils nous ont fait verser [...] Jamais , nosseigneurs, votre regénération ne sera complète si vous ne purgez la France de ces vampires affamés ». Adresse aux Etats Généraux de 1789. Cité dans « Histoire des Etats Genéraux, convoqués par Louix XVI le 27 avril 1789″, Volume 7.

 

 

« Par toute la France le sang a coulé mais presque partout cela a été le sang impur des ennemis de la Liberté, de la Nation et qui depuis longtemps s'engraissent à leurs dépens »

 Napoléon Bonaparte, lettre écrite à son frère Joseph, le 9 août 1789.

 

 

« Osez maintenant vous présenter sur nos frontières, princes germains, monarques ibériens, souverains de l'Etrurie, et vous aussi puissances maritimes! [...] Craignez tout de gens que les lauriers de la gloire et le myrte des plaisirs , que les bénédictions de la patrie et toutes les faveurs de la beauté attendent, s'ils rentrent chez eux, teints de votre sang impur! Craignez tout de gens qui savent calculer. Et quel est le patriote dont l'aine ne s'exalteroit pas à cette idée : quelques gouttes d'un sang corrompu , mêlé peut-être au mien , suffiront pour éteindre la torche de la guerre."

Journal "Révolutions de Paris", Octobre 1790

 

 

« Avons-nous abattu à nos pieds la ligue autrichienne? Nos frontières sont-elles humectées du sang impur de ses satellites? », Louis-Marie Fréron, novembre 1790

 

 

« Le peuple de France a détrempé de sang les fondements de la liberté; mais il a été juste dans le choix de ces victimes: ce sang était impur, et la terreur que ces exécutions ont inspirée a prévenu une foule de meurtres. » Dans « Anecdotes curieuses et plaisantes relatives à la révolution de France » publié en 1791.

 

 

« Législateurs, des femmes patriotes se présentent devant vous pour réclamer le droit qu’a tout individu de pourvoir à la défense de sa vie et de sa liberté... si, par des raisons que nous ne concevons pas, vous vous refusiez à nos justes demandes...  elles mourront, en regrettant, non la vie… mais l’inutilité de leur mort, en regrettant de n'avoir pu, auparavant, tremper leurs mains dans le sang impur des ennemis de la patrie"
Adresse individuelle à l’Assemblée nationale, par des citoyennes de la capitale
6 mars 1792, Archives parlementaires,Tome 39, p. 424

 

 

« C’est au Dieu des armées que nous adressons nos vœux ; notre désir est d’abreuver nos frontières du sang impur de l’hydre aristocrate qui les infecte ; la terreur est chez eux et la mort part de nos mains. » Lettre de volontaires du 3e bataillon de la Meurthe, lue au conseil municipal de Lunéville, 10 août 1792

 

 

« Il faut que son sang impur efface jusqu'à la dernière trace de la royauté » Hébert dans le Père Duchesne (lors de l’assaut des Tuileries le 10 août 1792)

 

 

"Que la tête de Louis XVI et de sa complice tombe en présence de sa famille, que nous obligerons à changer de nom, afin qu'il ne reste pas plus de traces de la dynastie régnante jusqu'au 10 août, qu'il n'en reste de la royauté. Que cette exécution solennelle, urgente et nécessaire soit suivie de celle de tous les complices et agents du feu roi [...] Mais surtout gardons-nous de suspendre plus longtemps ou d'arrêter le cours de la justice; c'est encore du sang à répandre, mais ce sang impur ne tarderait pas à remettre la patrie en danger s'il circulait encore dans ses veines." Journal "Révolutions de Paris", 11 août 1792.

 

 

« Oui, nous osons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir... » Joseph Fouché (Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793, cité d'après A. GERARD, Par Principe d'humanité..., La Terreur et la Vendée, Paris 1999, p. 25.)

 

 

 « Cette partie de la République française présente un sol aride, sans eaux et sans bois. Les Allemands s’en souviendront; leur sang impur fécondera peut-être une terre ingrate, qui en est abreuvée. » Discours du général Dumouriez à la Convention, octobre 1792

 

 

« Les rois cimentèrent le despotisme par l'effusion injuste du sang des peuples ; il est temps que la liberté des peuples soit consolidée par l'effusion du sang impur des rois. » Discours sur le jugement de Louis-le-dernier, par Jacques Roux, 1792

 

 

« J’ai démontré la nécessité d’abattre quelques centaines de têtes criminelles pour conserver trois cent mille têtes innocentes, de verser quelques gouttes de sang impur pour éviter d’en verser de très-pur, c’est-à-dire d’écraser les principaux contre- révolutionnaires pour sauver la patrie. »
Jean-Paul Marat, Journal de la République française, le 7 novembre 1792.

 

 

"Le sang impur des satellites d'un despote eût plutôt souillé l'éclat de vos armes, que d'ajouter à votre gloire" Archives parlementaires, 21 novembre 1792, tome 53, p. 538

 

 

En 1792, plusieurs pétitions, comme celle-ci du citoyen Ducalle, furent adressées à la Convention pour que la France reprenne le nom de Gaule :

" CITOYENS ADMINISTRATEURS,

Jusques à quand souffrirez-vous que nous portions encore l’infâme nom de Français ? Tout ce que la démence a de faiblesse, tout ce que l’absurdité a de contraire à la raison, tout ce que la turpitude a de bassesse, ne sont pas comparables à notre manie de nous couvrir de ce nom.

Quoi ! Une troupe de brigands (les Francs conquérants) vient nous ravir tous nos biens, nous soumet à ses lois, nous réduit à la servitude, et pendant quatorze siècles ne s’attache qu’à nous priver de toutes les choses nécessaires à la vie, à nous accabler d’outrage, et lorsque nous brisons nos fers, nous avons encore l’extravagance bassesse de continuer à nous appeler comme eux !

Sommes-nous donc descendants de leur sang impur ? À Dieu ne plaise, citoyens, nous sommes du sang pur des Gaulois !"

 (d'après André Waroch)

 

 
« J'ai vu des hommes qui n'ont d'autre moyen de soutenir ou d'avoir une réputation de
révolutionnaire qu'en ne respectant plus ni lois ni principes. C'est cette classe d'hommes qui persécutent l'innocence et impriment la terreur à tout ce qui respire. C'est un de ces hommes impurs qui aura dénoncé Viennol, qui me dénoncera peut-être aussi. » Robespierre, 6 ventôse, 2è Rep

 

 
« C'est être juste et humain que de verser quelques gouttes de sang impur pour éviter de répandre le sang pur à grand flots. » Jean-Paul Marat

 

 

"la nation française, toujours généreuse et magnanime, ne veut pas souiller son territoire du sang impur d'un roi" 7 janvier 1793, Archives parlementaires, tome 56, p. 526

 

 

« Matière à réflexion pour les jongleurs couronnés. Qu’un sang impur abreuve nos sillons. » Légende d’une aquatinte sur papier de L. Villeneuve, représentant la tête dégoulinante de sang de Louis XVI décapité, 1793

 

 

"... en ménageant le sang impur qui coule dans leurs veines" en parlant des "hommes pervers" qui "excit[ent]er les troubles" , intervention de Vergniaud dans "Le procès de LouisXVI", Albert Soboul, page 209, folio Histoire.

 

 

"Le sang des patriotes se mêlera avec le sang impur des mauvais citoyens"
15 janvier 1793, Archives parlementaires, tome 57, p. 308

 

 

« Sachez que vous ne ferez pas de révolution sans répandre du sang ; mais un soldat répand le sang avec tout le calme possible. Il faut établir le machiavélisme populaire ; il faut faire disparaître de sur la surface de la France tout ce qu'il y a d'impur ; sans cela vous ne serez que des enfants ; les modérés calomnient les amis du peuple... »
Discours d'un député extraordinaire de la société des Jacobins de Lyon, convention, séance du 15 mai 1793

 

 
« Les restes du sang impur des rois doivent couler sur l’échafaud. La soeur de Capet [c'est à dire Louis XVI] doit être jugée par un tribunal révolutionnaire ».
Jacques-René Hébert, 13 novembre 1793.

 

 

« Eh bien, foutre, il n'en coûtera pas plus pour anéantir les traîtres qui conspirent contre la République. La dernière heure de leur mort va sonner; quand leur sang impur sera versé, les aboyeurs de l'aristocratie rentreront dans leurs caves comme au 10 août. » Jacques-René Hébert, Le Père Duchesne 1793

 

 

 « Vengeance est notre mot d’ordre que nous adoptons jusqu’à ce que les scélérats [les insurgés de Lyon] soient soumis et que leur sang impur ait lavé leur félonie. »
Boisset à des unités de la Convention, pendant l’insurrection de Lyon en 1793

 

 

 

« Les Constitutionnels virent dresser pour eux les guillotines qu'ils avoient imaginées, fabriquées, élevées pour les royalistes : leur sang impur coula sans honneur : il n'excita ni regret ni pitié »   Antoine Francois Claude Comte de Ferrand - 1793

 

 

« La Patrie ... vous confie le commandement d'une armée Républicaine... C'est à vous qu'est réservée la gloire d'achever de les exterminer. Frappez simultanément et frappez sans relâche jusqu'à ce qu'enfin cette race impure soit anéantie. » Billaud-Varenne, Barère. (12 décembre 1793, à un général en mission en Vendée)

 

 


"Citoyens, l’anniversaire de la mort du tyran est un jour de gloire pour le peuple français, et un jour de deuil et de terreur pour les tyrans et leurs suppôts ; ce jour mémorable annonce le réveil des peuples asservis. La massue révolutionnaire est prête à écraser ces monstres, et l’arbre glorieux de la liberté ne périra point quand leur sang impur en aura humecté et fortifié les racines."
Discours de Vadier à la Convention, 21 janvier 1794



« Nous sommes ici à exterminer le restant des chouans, enfouis dans des bois ; le sang impur des prêtres et des aristocrates abreuvent donc nos sillons dans les campagnes et ruisselle à grands flots sur les échafauds dans nos cités. Jugez quel spectacle est-ce pour un républicain animé, comme je le suis, du plus pur amour du feu le plus sacré de la liberté et de la patrie qui brûle dans mes veines. »
Lettre de Cousin à Robespierre, à Cossé le 27 nivôse an II (16 janvier 1794).

 

 

 

« Patriotes, réjouissons-nous (bis)

 

L'armée d'Mayence est avec nous (bis)

 

Elle est v'nue nous aider à purger la Vendée

 

Dansons la carmagnole, Vive le son, vive le son etc

 

Oui dès demain nous commençons (bis)

 

C'est pour arroser nos sillons (bis)

 

que le sang des brigands va couler à l'instant »

 

Carmagnole de la Vendée, destinée aux soldats républicains combattant en Vendée.

 

 

 

« Quel espoir peut rester à l’empereur et au roi d’Espagne depuis que la justice nationale a scellé la liberté française par le sang impur de ses tyrans ? »
Billaud-Varenne, 20 avril 1794

 

 

On trouve même des pamphlétaires royalistes, voulant dénoncer le décalage entre les idéaux généreux proclamés et la violence du lynchage d’aristocrates, utiliser eux aussi, par ironie, l'expression « sang impur » en parlant des aristocrates :

 « Nous avons été assez heureux pour annoncer à l’Europe étonnée, avec quelle rapidité les droits de l’homme se sont propagés d’une extrémité du monde à l’autre. La gloire de nos législateurs a passé les mers sur les ailes du vent, & M. Ferrand de Baudieres, sénéchal du petit Goave a déjà subi l’application des grands principes de M. Barnave. Son sang impur a coulé, sa tête aristocratique a été promenée par les blancs. ».
Jean-Gabriel Peltier, Les actes des apôtres, 1790

 

 

"J'ai traversé, pur, la Révolution..."

Claude Rouget de Lisle (dans Napoléon et Rouget de Lisle, Jean Tulard, Hermann, 2000)

 

"Nous rappelons que dans le texte initial, celui de Dannbach [l'éditeur de Strasbourg] 
en avril 1792, le second vers du refrain de la cinquième strophe portait :
 Que tout leur sang abreuve etc ". 
Version officielle de 1887 du ministère de l'instruction publique 

« Le fanatisme pour la patrie, implique la haine qui est nécessairement inspirée par chaque société, contre toutes les autres. La véritable expression du patriotisme est la Marseillaise, ce chant de cannibales, qui signala la fin du XVIIIe siècle et le commencement du XIXe. Quelle différence y a-t-il entre les patriotes qui abreuvent leurs sillons du sang impur de ceux qui sont nés au delà de leurs frontières et les sauvages ? »  Louis de Potter, philosophe socialiste belge, dictionnaire rationnel de 1848, cité dans Les Temps Nouveaux, 1° année, n° 31, 30 nov. 6 déc. 1895.

 

 

 « Que signifie, je vous prie, le fameux refrain du « sang impur » ? — « Qu'un sang impur abreuve nos sillons ! », l'expression est atroce. C'est l'écho d'une parole bien étourdiment cruelle de Barnave. On sait qu'à propos de quelques aristocrates massacrés par le peuple, il s'écria : « Après tout, le sang qui coule est-il donc si pur ? » Propos abominable, car dès que les partis commencent à dire que le sang est impur qui coule dans les veines de leurs adversaires, ils se mettent à le répandre à flots et les révolutions deviennent des boucheries. Mais de quel droit la Révolution flétrissait-elle de ce mot avilissant et barbare tous les peuples, tous les hommes qui combattaient contre elle ? » — Jean Jaurès, Marseillaise et Internationale, La Petite République socialiste, 30 août 1903

 

 

« Et pourtant je ne suis point parricide. Au contraire, c'est par piété filiale que j'ai versé le sang impur des ennemis de ma patrie. » Anatole France, Les Dieux ont soif, ch XXIII (Calmann-Lévy, Paris, 1912)

 

 

« Les français bientôt en armes arrivent... La fusillade crépite ;

On poignarde, on décapite, Et le sang impur coula...

Ah bravo bravo, petite ! Ils ne sont plus là ! »

Les tristesses et les gloires, poèmes populaires de la grande guerre, p 55, 1915

 

 

"N'entendons-nous pas mugir, dans les campagnes, de féroces soldats ? Ils égorgent les femmes, les enfants ; ils violent, ils mutilent, ils écartèlent ! Le sang qui coule dans les veines de ces barbares est bien un sang impur, épais et qui charrie les plus sauvages instincts."  Maurice Donnay, (Le Figaro.) de l'Académie française. 191

 

 

« Sois sans peur et sans reproches Et, du sang impur des Boches, - Verse à boire ! - Abreuve encor nos sillons ! Buvons donc ! Nous avons soif de vengeance Rosalie ! verse à la France,- Verse à boire ! - De la Gloire à pleins bidons ! » Dans cette chanson de 1915 de Théodore Botrel, intitulée « Rosalie », « la terrible baïonnette française » devient rose et vermeille « du sang impur des Boches ». Tous les soldats connaissaient cette chanson, car Botrel fut invité en 1916 par le futur président Millerand à se rendre dans tous les cantonnements et hôpitaux militaires pour y chanter aux troupes ses textes patriotiques.

 

 

"Tous ces héros chantaient la Marseillaise, le coeur vaillant, le glaive en feu

Aux flancs des montagnes Lorraines, où le sang ennemi inondait nos sillons,

Terrassant les hordes germaines, leurs bras vengeurs fauchaient les bataillons !"
La Marseillaise de Verdun, Henri Courtois (dans
La fleur au fusil, 14-18 en chansons, Bertrand Dicale, Acropole, p 27)

 

 

« ... cet être dont le sang - le sang allemand — charriait tant de miasmes impurs. »

Emmanuel Sheridan. La grande guerre par les grands écrivains, 1916, p 308

 

 

« C'est pour la liberté et pour la justice, pour ces vieux mythes séculaires, que ces jeunes gens tombent. Leur sang est pur l'humanité sera, par lui, purifiée. »
Gabriel Hanotaux, de l'Académie française, (La Revue des Deux-Mondes.) 1916

 

 

En été 1942, L’Humanité recommande, suite à l’invasion de l’URSS par les armées hitlériennes en juin 1941 de «tuer des boches et des traîtres» afin de «faire couler du sang impur des oppresseurs de la Patrie»

 

 

En 1944, dans un tract du PCF appelant à la Libération de Paris : "Alors que les Alliés avancent vers Paris, les Français doivent prendre les armes et participer au combat libérateur.

NON! Paris n'est pas libéré! AUX ARMES, citoyens Formons nos bataillons! Que le sang impur des Boches et des traîtres abreuve nos sillons !"

Maurice Thorez , Secrétaire général du Parti Communiste Français, député de Paris

 

 

"Le sang impur des hitlériens maudits et des traitres de la cinquième colonne" Affiche du PCF "Notre immortelle Marseillaise" 1936 (p126, Robert)

 

 

« Cette tendance expliquerait qu'à chaque fois que des forces militent pour arrêter, au moins, le cours de la Révolution, les tensions nationales (et internationales) font repartir le cours, vers un nouveau palier, atteint au prix du sang. Ainsi se comprendraient les objurgations de « la Marseillaise » à abreuver les sillons du sang impur des ennemis. Ce chant de guerre pour l'armée du Rhin ne pousse au carnage que pour punir des coupables et le sang répandu doit permettre un sursaut national débouchant sur la victoire de la Liberté » Jean-Clément Martin, Révolution et Contre-Révolution en France de 1789 à 1989, Mentalités, 1988

 

 

« Pour « armer Paris », confiera bientôt Coroller, « le feu doit être mis au Palais-Bourbon » ...  Ce n’est évidemment pas le seul argument pour inciter les habitants de la bonne ville à courir chercher des fusils ou des épées. Les convives de Mousseaux, sollicités par les conseillers du duc d’Orléans, en trouvent de plus percutants ; l’arrivée des troupes que le roi rassemble près de Paris pour rétablir l’ordre sera déguisée en menace directe ; on peindra ces régiments comme des mercenaires étrangers au « sang impur », comme de « féroces soldats » déployant « le drapeau de la tyrannie »… Voici, simplement résumée et imagée, la pensée de Mirabeau lors du discours du 8 [juillet 1789] à l’Assemblée.»

Hubert La Marle, "Philippe-Égalité, « Grand Maître » de la Révolution", NEL, Paris 1989, page 235

 

 

« Les paroles de la Marseillaise, que dis-je, le fait même qu'un « chant de guerre de l'armée du Rhin » puisse devenir l'hymne officiel d'un pays pacifié par la Raison, eussent semblé barbarie pure à Condorcet, à Montesquieu comme à Diderot. La remontée de croyances magiques (le sang impur des ennemis venant fertiliser nos terres à blé), le délire sacrificiel, l'appel à la vendetta, l'obsession de la gloire, la bestialisation agressive du frère humain, ce féroce qui « mugit », l'anxiété épurative (l'effet cinquième colonne), les simplismes d'exclusion (eux et nous) ne rentraient pas, et pour cause, dans le champ de conscience des salons et académies. » Régis Debray, Le code et le glaive. Après l'Europe, la nation? Albin Michel, Paris, 1999, p.31

 

 

 « Lorsque les Révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle chantaient « marchons, marchons, qu'un sang impur abreuve nos sillons », voulaient-ils discriminer le sang pur de la race française du sang impur des étrangers ? ou bien évoquer les traîtres à la patrie et les ennemis des valeurs de la révolution en particulier, ces hommes qui sont devenus impurs par leur refus de la nouvelle religion révolutionnaire. Il s'agit là d'une genèse historique non biologique de la pureté ou de l'impureté » Diego Venturino, L'Idée de "race" dans les sciences humaines et la littérature (XVIIIe et XIXe siècles, Actes du colloque international de Lyon, (16-18 novembre 2000), textes réunis et présentés par Sarga Moussa.

 

 

« L’image est forte en effet. Provocation faite à la noblesse, certes. Du sang impur qui coulerait à flot pour être absorbé par la terre féconde de la république ?! […] Le sang pur désigne le courage mobilisé au service d’un idéal seul, par opposition au sang impur symbolisant les motivations mercantiles ou vénales des représentants des multinationales de l’époque ». Pierre Milhoin, docteur es lettres, Patriç Burzuj-Richter, musicologue, La Marseillaise, préfacé et édité par F. Dufourg, 2001 (phrase reprise par F. Dufourg, dans sa première édition de 2003 de La Marseillaise, ed Le Félin, p 49)

 

 

« Personne ne regrette les accents vengeurs de La Marseillaise et le « sang impur » de nos ennemis - ce qui a rendu impossible l'effort pour l'imposer dans les écoles »

Dominique Schnapper, Histoire, citoyenneté et démocratie, Vingtième siècle, revue d'histoire, 2001, p 98

 

 

« Rouget de Lisle utilisera cette notion (dans la Marseillaise) mais sans l'associer à un peuple. Pour lui, le sang impur est celui de l'ennemi. » Elie Barnavi, Paul Goossens, Les frontières de l'Europe, De Boeck Supérieur, 2001, p 239

 

 

"Ainsi, l'invitation du refrain est-elle [...] victorieuse :

"Qu'un sang impur abreuve nos sillons !" Dominé J.F. "Le chant du départ de M.J. Chénier et E. Méhul", dans Annales historiques de la Révolution française, N°. 329 juillet/sept 2002, pp 89-100 (pour l'auteur, cette victoire signifie bien que c'est le sang de l'ennemi)

 

 

«  ...on rassemble les hommes en les invitant à terrasser des monstres, à verser le sang impur des ennemis. C’est ce que proposeront explicitement le Chant du départ et la Marseillaise... » Lucien Scubla, Les dimensions religieuses de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 Ateliers, n° 27, nov 2004