Cette fake news a-t-elle été favorisée ou même préparée par une inculture programmée du peuple français ?

 

Cette fake news est-elle simplement un phénomène d'auto-persuasion collectif, où un groupe adopte l'interprétation qui correspond à sa mentalité et ici, à ce qui le valorise ?


Plusieurs faits obligent en effet à s'interroger.

 

En 2011, face à la requête de l'association « DiH-Mouvement de Protestation civique » qui soutient devant le Conseil d’État que l’apprentissage dans l'école primaire de l’hymne national, et en particulier du vers « Qu'un sang impur... », est contraire à la déclaration des Droits de l’Homme et à la Constitution, le rapporteur public, qui avait sans doute parcouru Internet et Wikipédia, prit pour argument que l'on ne savait plus de façon certaine si le « sang impur » était celui de l'ennemi ou celui du peuple français, ce qui, dans le doute, annulait toute critique de l'hymne.

 

Présente sur le site de l'Elysée au moins de 2006 à 2010, une traduction anglaise de l'hymne jugée excellente   - validait l'interprétation du sang impur des ennemis (And drench our fields With their tainted blood !). Mais à l'automne 2011 puis en juin 2012, il est constaté sur les archives de l’Elysée que cette traduction n'existe plus. Depuis, le site cocorico.com présente une traduction qui laisse, comme en français, la place aux deux interprétations (May impure blood Soak our fields’ furrows !).

 

Toujours en 2011, deux documents pédagogiques sur la Marseillaise apparaissent, visant à favoriser son enseignement pour le primaire et pour le collège. De nombreux mots du texte y sont expliqués, mais, curieusement, le « sang impur » ne fait l'objet d'aucun éclaircissement, alors que, quand on interroge les Français sur ce sujet, de multiples interprétations surgissent, jusqu'aux plus farfelues

 

Or, malgré les explications d’historiens connus dans de grands médias, la fausse interprétation s’est depuis installée non seulement sur Internet, mais aussi dans les plus grands médias, à l’Assemblée Nationale et même dans les documents officiels de l'Année 2016 de la Marseillaise. Si une petite note défend l’interprétation classique dans une fiche pédagogique pour adultes, on trouve, sur le site Au chant jeunes citoyens, la fiche pédagogique p 12-13  qui propose longuement les deux interprétations de façon quasiment équivalente aux enseignants. Dans un document pour élèves du primaire Repères pour éduquer, rédigé par l’enseignant en lettres Frédéric Dufourg, défenseur de la thèse du sang impur français, on évacue toute violence de cette expression : « Le sang, à l'époque ce n'était pas forcément cruel. C'était plutôt un symbole d'abondance… comme une sorte d’engrais», cet engrais étant, selon l'auteur, le sang versé en abondance par les soldats français prêts à mourir pour la Patrie…

 
C’est pourquoi nous invitons l’État et le peuple
français à s’interroger :

 

- y a-t-il eu en 2011 une volonté de ne pas expliquer le sens de l’expression ?

 

- si oui, était-ce simplement pour éviter les polémiques, ou bien, en faisant le vide dans nos esprits et dans nos livres, pour préparer la place à une nouvelle interprétation ?

 

- dans les documents de l’année 2016, a-t-on inscrit la fausse interprétation en la pensant possible historiquement - c’est-à-dire de bonne foi, mais donc en étant victime de l’ignorance généralisée, ce qui serait plutôt comique - ou bien en la sachant pertinemment fausse, ce qui serait une manipulation très grave de notre Histoire ?