On manipule Wikipédia !

La thèse du « sang impur » des soldats ou du peuple français est apparue en février 2006 sur la page La Marseillaise de Wikipédia, et elle a, à partir de là, largement essaimée sur Internet. Maintes fois enlevée pour absence de référence mais autant de fois remise, elle y a fait l'objet d'un véritable combat entre de multiples rédacteurs, comme le montrent les pages Historique, Discussion et son archive. 

Humour "révolutionnaire"

revivez le match de la fake news du "sang impur" sur Wikipédia


Faute de trouver des avis d'historiens et des citations sur le sujet, cette thèse y a été largement majoritaire jusqu’à 2013.

 

Elle est soutenue par plusieurs pseudo-références :

- une citation de Victor Hugo, qui n’est qu’un rapprochement de deux phrases,

- l’enseignant en lettres Frédéric Dufourg (souvent présenté comme historien) dans son livre La Marseillaise (Le Félin, p 48-49, édition 2008, après avoir écrit l'inverse dans son édition de 2003)

- l’homme politique et énarque François Asselineau qui en a fait un cours d'histoire en vidéo et un long texte d'explication, repris sur de nombreux sites mais aujourd'hui supprimé.

- l’historien Devyver, qui n'a rien à voir avec le sujet, ayant seulement étudié la période pré-Révolutionnaire, où les nobles traitaient le peuple de « sang impur ».

 

Trompés par ces références qui ne prouvent rien ou ces avis affirmés avec autorité, certains enseignants en Histoire, non spécialistes de la Révolution, y ont même cru, au moins un moment : Michel Renard en 2006 (avant de changer d'avis en 2008 dans Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?), Fadi Kassem (PC, enseignant à Sciences Po) et Dimitri Casali (L'Histoire de France interdite, JC Lattès, 2012). La caution de ce dernier a été rajoutée sur le site, renforçant la crédibilité de cette thèse.

   

A partir de 2013, des citations de l'époque révolutionnaire, puis des références d'historiens spécialistes de la Révolution mettent à mal cette fausse théorie, qui continue néanmoins à se développer dans les médias, sur Internet, et jusqu'à l'Assemblée ou l’Éducation Nationale.